Logo de Tangente Éducation


LES PÉDAGOGIES ALTERNATIVES


À la mort de son mari, George Boole, en 1864, Mary Everest (1832-1916) est amenée à enseigner les mathématiques. Elle invente des méthodes très novatrices, publie de nombreux ouvrages et tient une rubrique régulière dans la revue Parent's review.

Par un curieux concours de circonstances, le médecin et neuropsychiatre belge Jean-Ovide Decroly (1871-1932) fut amené dès 1898 à s'occuper d'enfants dit « anormaux », une appellation qu'il rejeta pour lui préférer celle d'enfants « irréguliers ».

Le pédagogue espagnol Francisco Ferrer (1859-1909) connut un destin tragique : condamné à mort après un simulacre de procès, il fut exécuté pour des faits dont il était innocent. Quelques années plus tôt, il avait créé l'« école moderne », un enseignement laïc, ouvert à tous, mixte et basé sur les principes du libre examen (voir Tangente 144, 2012).

Deux grands modes cognitifs sont en jeu dans les apprentissages, et ce dès les premiers mois de vie : d'une part les heuristiques, ou automatismes intuitifs, d'autre part les algorithmes logiques, autrement dit la pensée réfléchie logico-mathématique. Les premières ont le mérite d'être particulièrement efficaces et très rapides mais pas toujours exactes, alors que les seconds, lents ...

Les pédagogies alternatives sont mises en œuvre principalement dans l'enseignement privé. Pourtant, diverses initiatives montrent qu'elles sont adaptables au sein de l'Éducation nationale ; plusieurs courants récents, tels la gestion mentale ou la pédagogie explicite, gagnent à être connus.

La pédagogie Montessori

Anne Boyé et Martine Brilleaud
La pédagogue italienne Maria Montessori était convaincue de l'importance du développement de la motricité de l'enfant et de son lien avec ses apprentissages. C'est pourquoi la prise en charge des enfants débute par l'éducation sensorielle.

La pédagogie explicite

Cassiopée Cunibil
Dans les années 1970, Barak Rosenshine formalise, à partir des recherches en science cognitive et sciences de l'éducation en Amérique du Nord et au Canada, les bases de la pédagogie explicite (voir le site de l'Association pour la pédagogie explicite (APPEx), à l'adresse www.3evoie.org).

Les méthodes qui, à l'instar de celle dite « de Singapour », utilisent la résolution de problèmes assez tôt dans le cursus scolaire, s'appuient souvent sur la représentation par des modèles en barres, qui mettent en relation de manière visuelle les quantités en jeu.

Qu'est-ce que la fameuse « méthode de Singapour » ? Très médiatisée depuis que les jeunes Singapouriens ont réalisé une fulgurante ascension dans les classements internationaux, elle réalise en fait une synthèse de plusieurs pédagogies.

La pédagogie « Freinet », qui favorise le dialogue entre des élèves ou entre un élève et son professeur, est différenciée à l'extrême. En mathématiques, elle permet à chaque élève de s'exprimer sur les problèmes rencontrés et d'introduire naturellement un thème comme les pourcentages.

Évaluer autrement

Antoine Bodin
Les pédagogies alternatives reposent sur la motivation intrinsèque des élèves, et donc sur le plaisir d'apprendre, ce que ne permet pas toujours le recours aux notes et aux évaluations traditionnelles. Il s'agit dès lors d'accompagner l'élève dans ses acquisitions de savoirs et de compétences.

Le psychologue soviétique Lev Semionovitch Vygotski (1896-1934) a spécialement étudié les interactions entre les apprentissages et le développement de l'enfant, qu'il considère comme inséparable de l'immersion du sujet dans la sphère sociale.

Il y a quelques années, dans un lycée parisien, un jeune enseignant a testé auprès de ses élèves de première et terminale scientifique une méthode originale qui a eu un succès considérable, tant dans la motivation des élèves que dans les résultats de fin d'année. Le principe tient en deux étapes.

Beaucoup d'enfants découvrent seuls leurs stratégies mentales d'apprentissage. D'autres, par méconnaissance de ces stratégies, se trouvent en situation d'échec. La pédagogie de la « gestion mentale » propose un « mode d'emploi » des processus mentaux d'apprentissage, et donc les moyens de l'autonomie et de la réussite.

Kumon, une méthode parascolaire

Cassiopée Cunibil
Il existe plus de 24 800 centres Kumon dans le monde. Spécialisés dans l'apprentissage des maths et de l'anglais, ils offrent une réponse individualisée basée sur la pratique.